Rwanda Noirs Et Blancs

Rwanda 1994
by Philip Brewaeys

Kigali, 6 avril 1994, 20h23. Deux missiles prennent leur envol, l’avion du Président rwandais Juvénal Habyarimana explose, ses occupants sont tués sur le coup. Dans les minutes qui suivent, les militaires rwandais et les milices, chauffés à blanc depuis des années par une propagande meurtrière, enclenchent le génocide des Tutsi et des opposants hutu rwandais. Le responsable de cet attentat ? Le Front patriotique rwandais, selon le juge Jean-Louis Bruguière. Des milliers de documents judiciaires, de dizaines d’interviews, des centaines de coupures de presse permettent de montrer qu’il n’en est rien. Cette thèse négationniste, transformant les victimes en bourreaux, résulte d’une convergence d’intérêts. Un juge très « politique », une France officielle frileuse dans la recherche de la vérité, des barbouzes, des opposants au régime et des génocidaires soucieux de diluer leur responsabilité, tous avaient intérêt à pointer le président Paul Kagame du doigt.

Noires fureurs, blancs menteurs
by Pierre Péan

Au printemps 1994, le monde est stupéfié par les images du déchaînement de fureur et de violence qui s’est emparé d’un petit pays africain, au coeur de la région des Grands Lacs, le Rwanda: les corps d’hommes, de femmes et d’enfants tués à la machette, les charniers dans des villages vidés de leurs habitants, les figures des rescapés horriblement mutilés et traumatisés, les populations fuyant vers l’ouest… Jamais le continent noir n’avait connu des massacres d’une telle ampleur.

Très vite, les médias opposent victimes, les Tutsis, et bourreaux, les Hutus; et ils désignent les coupables de cette folie meurtrière sans précédent, qualifiée de génocide : la communauté internationale, qui n’a rien fait, dont la mission (Minuar) a même réduit ses effectifs à la veille de l’embrasement général du pays; et, en premier lieu, la France, soutien du président Habyarimana, qui aurait formé les milices Interahamwe qui ont traqué systématiquement les Tutsis. Son opération militaire (Turquoise), décidée tardivement, n’aurait servi qu’à masquer sa compromission « néo-colonialiste » avec le régime génocidaire. Ainsi l’histoire se fige-t-elle dans une version voulue et imposée par le vainqueur: Paul Kagame, le « libérateur », chef des rebelles tutsis du Front patriotique rwandais (FPR).

Cependant, cette thèse présente une faille : le déclenchement des massacres, au lendemain de l’attentat du 6 avril 1994, au cours duquel l’avion du président rwandais fut abattu. Qui a tué Juvénal Habyarimana, président du Rwanda ? La question resurgit aujourd’hui, plus de dix ans après les faits, mais cette fois-ci elle trouve une réponse : des mercenaires à la solde du FPR de Kagame, selon le juge Bruguière, qui s’apprête à clore son instruction. Ce ne sont donc pas les extrémistes hutus du régime Habyarimana qui ont prémédité ce coup d’État et ses monstrueuses conséquences.

Ainsi toute l’histoire du génocide serait-elle à reconsidérer, et Paul Kagame, aujourd’hui président du Rwanda, apparaîtrait-il comme le plus grand criminel de guerre en vie. Pierre Péan démontre que le génocide de 1994 ne fut qu’un épisode dans une guerre civile et régionale ignorée, plus meurtrière encore, voulue depuis octobre 1990. Le FPR était prêt à tout pour conquérir le pouvoir à Kigali, y compris à sacrifier Hutus et Tutsis.


L’évangélisation du Rwanda
by Fortunatus Rudakemwa

Ce livre analyse l’un des récents événements qui ont profondément marqué l’Histoire multiséculaire du Rwanda : la conversion massive des Rwandais au christianisme en général, et au catholicisme en particulier. Cet ouvrage a l’avantage de considérer l’évangélisation du Rwanda non seulement à partir du point de vue des missionnaires, mais aussi et surtout à partir de celui des destinataires : les Rwandais eux-mêmes.

Rwanda, 13 mai 1994, un massacre français
by Serge Farnel

“Le degré d’implication des autorités civiles et militaires françaises dans le soutien au Gouvernement intérimaire rwandais pendant qu’il procédait au génocide, est controversé. Divers travaux révèlent, entre autres méfaits, que, sur le terrain, dans le cadre des opérations “Amaryllis” (du 8 au 14 avril 1994) et “Turquoise” (du 22 juin au 22 août 1994), des militaires, agissant conformément aux ordres reçus, ont abandonné, sinon livré, des civils à leurs assassins dont ils avaient auparavant formé les cadres. Par ailleurs, une dizaine de procédures introduites par des victimes de viols et de sévices graves qu’auraient commis ces soldats, sont actuellement pendantes devant le Tribunal aux armées de Paris. Toutefois, jamais encore on n’avait sérieusement prétendu, encore moins démontré, que des commandos de l’Armée française avaient directement participé à certains massacres. C’est chose faite aujourd’hui.” “Le présent ouvrage expose les multiples aspects d’une enquête menée en deux temps, d’abord fin avril 2009, puis en février 2010, dans la région de Kibuye et les collines de Bisesero.” Le 13 mai 1994, “plusieurs dizaines de milliers de Tutsi furent massacrés. La chose est de notoriété publique. En revanche, jusqu’à présent, il n’avait pas été question d’une présence, encore moins d’une participation française à ces horreurs. C’est pourtant ce qui résulte de l’enquête menée par Serge Farnel. D’après les témoignages qu’il a pu recueillir, la participation des militaires (…) aurait été déterminante : puissamment armés, passant de colline en colline, ils auraient mitraillé, pilonné, les Tutsi encerclés par la multitude des génocidaires locaux qui, ensuite, achevaient les blessés à coups de gourdins et de machettes.”

Le Rwanda et le pouvoir européen (1894-1952)
by Innocent Nsengimana

A la fin du XIXe siècle, le contact entre la société rwandaise et les Européens a marqué le début d’une mutation dans l’évolution du cadre institutionnel traditionnel du Rwanda. Ce processus de transformation a été notamment l’œuvre des Allemands, des Belges et des missionnaires «Pères Blancs» dont l’action a été soutenue par des autochtones, représentés par la dynastie «sindi-nyiginya».
Le présent ouvrage fait état des rapports entre les différents acteurs et de leurs intérêts. Il relate leur influence exercée sur les masses populaires et montre les réactions de ces dernières. Retraçant les transformations générées au sein de la société rwandaise, il présente également les divers enjeux qui ont perpétué le jeu de rapports des différents acteurs jusqu’au début des années 1950.

Rwanda, un génocide oublié?
by Laure de Vulpian

Le 7 avril 1994, éclatait le génocide des Tutsi du Rwanda qui, dans sa fulgurance, faisait plus d’un million de victimes en seulement cent jours hommes, femmes et enfants, presque tous Tutsi. Tués à la machette. Ce quatrième génocide du XXe siècle, après ceux des Arméniens, des Juifs d’Europe et des Cambodgiens, a été commis par les Hutu. Ou du moins par des Hutu. Comme tout génocide, cet événement monstre repose sur un plan minutieusement préparé par un Etat criminel. Point de départ de cet ouvrage, un procès, au printemps 2001. La cour d’assises de Bruxelles juge quatre Rwandais accusés de génocide : un universitaire, un ancien ministre et deux religieuses. Les minutes sonores de ce procès sont le fil directeur qui conduit Laure de Vulpian à s’interroger sur les causes et les conséquences de ce génocide, à chercher des explications sur cette tragédie moderne dans sa conception, rudimentaire dans sa réalisation et sophistiquée dans sa planification. Les réponses viennent de Rwandais, de Belges et de Français, qui sont écrivains ou prêtres, médecins ou historiens, hommes politiques ou avocats, rescapés ou Justes . On peut citer notamment Jean Hatzfeld, Jacques Sémelin, Alain Destexhe, le colonel Luc Marchal ou le général Christian Quesnot. Cet ouvrage nous donne des clés historiques, politiques et culturelles. Clés nécessaires pour penser l’impensable et prendre la mesure du mal absolu, à savoir l’idée d’exterminer un peuple parce qu’il est ce qu’il est. Laure de Vulpian ne prétend pas être exhaustive, ni lever toutes les interrogations. Elle nous invite à chercher à savoir, parce que ce génocide ne peut pas rester dans le mépris de la connaissance et de la mémoire, même si certains veulent à tout prix nous le faire oublier.

Rwanda, la vérité sur l’opération Turquoise
by Charles Onana

« Si on avait fait cela en 1940 contre les nazis, on n’auraitpas connu les drames que nous avons connus. »Shimon Pérès à François Mitterrand, 6 juillet 1994, 18h30Le 22 juin 1994, le Conseil de sécurité de l’ONU autorise parla résolution 929 le déploiement d’une force multinationale souscommandement français au Zaïre et au Rwanda pour mettre ensécurité les personnes en danger au Rwanda. Or, depuis plus devingt ans, journalistes, membres d’ONG, chercheurs et surtoutle régime du Rwanda accusent la France d’avoir participé à lapréparation puis à l’exécution du génocide. Un officier françaisreprend d’ailleurs les mêmes accusations. Celles-ci sont-ellesexactes ? Sur quelles preuves reposent-elles ?Après plus de dix années de recherches dans les archives duConseil de sécurité, de l’Elysée, du ministère français de laDéfense, celles du gouvernement des Etats-Unis et du Tribunal PénalInternational pour le Rwanda ainsi que le recueil de nombreuxtémoignages, Charles Onana répond à ces questions. Il démontreaussi que les dirigeants actuels du Rwanda ont, pendant plusde deux mois, empêché l’intervention de l’ONU, encourageantainsi les massacres plutôt que l’arrêt des hostilités et le partagedu pouvoir, comme le prévoyaient les accords de paix signés en1993 à Arusha.Voici enfin le premier ouvrage scientifique entièrement consacréà la mission Turquoise. Il remet en cause tout ce que l’on croyaitsavoir jusqu’ici.