Regles Et Penitentiels Monastiques

Les Églises d’Orient et d’Occident (432-610)
by Jean-Marie Mayeur, Luce Pietri, André Vauchez, Marc Venard

Un seul Empire, une seule Église établis en coïncidence par la Providence divine pour assurer le triomphe universel de la foi : le rêve caressé par Eusèbe de Césarée et jamais totalement réalisé au cours du IVe s. s’évanouit définitivement au cours des deux siècles suivants. Tandis que le débat doctrinal entraîne, entre Rome et Constantinople, une incompréhension croissante, allant parfois jusqu’à la rupture, l’Occident, où s’installent les royaumes germaniques, échappe à l’autorité de l’empereur byzantin. Après l’échec de Justinien pour restaurer l’unité politique et religieuse, le monde chrétien, au seuil du Moyen Âge, apparaît profondément divisé : en Occident se sont constituées des Églises nationales, alors qu’en Orient se séparent de l’Église du basileus et de son patriarche les communautés de plusieurs provinces en dissidence religieuse et celles des pays situés en dehors de la sphère hellénique. Mais, désormais divers dans ses structures et ses expressions, le christianisme n’a rien perdu de sa vitalité conquérante ainsi qu’en témoigne l’évangélisation de nouveaux territoires.


Penser en images les ordres religieux
by Dominique Donadieu-Rigaut

A partir d’un corpus iconographique très riche (plus de 110 images), le présent ouvrage se propose de dégager comment la ” pensée figurative ” (Pierre Francastel) a conçu, au Moyen Age, la notion d’Ordo dans son acception d'” ordre religieux “. L’analyse des images, telle qu’elle est menée ici, nous conduit au cours du vaste champ anthropologique de la parenté spirituelle. Sont mises à jour les notions qui travaillent les documents figurés : les échos et les écarts entre les représentations de la ” société des laïcs ” et celles de la ” société des moines ” ; les rites de passage constitutifs des ordres ; le mythe des origines comme paradigme de la perfection ; la figure du père fondateur, présent/absent, comme garant du programme initial et de la cohésion du groupe ; et enfin les rapports temporels complexes régissant les ordres religieux entre présent en crise, passé idéalisé et futur rêvé comme un retour au passé. L’approche comparatiste adoptée par l’auteur permet en outre d’évaluer à quel point les identités collectives se construisent et se donnent à voir les unes par rapport aux autres, dans ” la longue durée “. Les crises que traversent les ordres (notamment à la fin du Moyen Age) constituent à cet égard les moments privilégiés d’un retour sur la memoria qui fonde les généalogies spirituelles, imaginées et imagées.

Solitude et communion – Tome II
by Jean-Luc Molinier

« On n’aborde pas la littérature monastique des premiers siècles sans une sorte de stupeur. […] Comment [certains] êtres ont-ils été attirés par un mode de vie qui rebutait certainement leurs contemporains et qui, plus encore, est aux antipodes de ce qui attire les hommes d’aujourd’hui ? Extrême pauvreté, solitude affective, silence et obéissance sont en effet le contraire exact des valeurs en vogue dans la cité moderne. […] Pourtant au sein même de son enfermement dans un tombeau, un habit, un lieu définitif, ou dans le non-lieu du désert ou de l’exil , le moine découvre aussi la possibilité d’une liberté intérieure, d’une plus grande simplicité, d’une communion universelle. Il n’a pas besoin de communiquer avec beaucoup de ses semblables pour les connaître en se reconnaissant en eux. Sa solitude est le lieu paradoxal où il rejoint chacun, visiblement ou invisiblement. Il ne fuit pas le drame de l’existence ordinaire : il y descend, suspendu au fil de la prière. S’il s’enfonce dans la solitude, ce n’est pas en se séparant radicalement des hommes, mais en les retrouvant par d’autres chemins. Creusant le puits de sa vocation propre, il atteint les eaux d’un lac souterrain, d’un amour sans frontières. » Daniel Vigne.

Histoire littéraire du mouvement monastique dans l’antiquité
by Adalbert de Vogüé

Au milieu de ce volume, trois chapitres parcourent l’œuvre capitale du pape Grégoire (590-604), justement surnommé ” le Grand “, en particulier ses fameux Dialogues avec le diacre Pierre, au cœur desquels se trouve la biographie de saint Benoît. Avec la Règle bénédictine, cette Vie de son auteur marquera profondément le monachisme occidental. Un peu avant Grégoire de Rome, son homonyme Grégoire de Tours nous donne de nombreux aperçus concernant les moines et moniales de la Gaule, auxquels s’ajoutent les récits analogues de Venance Fortunat, eux-mêmes complétés par une sœur de Poitiers, Baudonivie. Au temps du pape Grégoire et un peu après lui, on assiste à l’expansion continentale du monachisme irlandais issu de saint Patrick, dont l’agent majeur fut Colomban, fondateur de Luxeuil en Gaule et de Bobbio en Italie.