Propos Sur La Nature

De la nature à l’esprit
by Raynald Belay, Claire Marin

Pourquoi ne lit-on plus ces pages de la philosophie française que des générations d’étudiants ont sues par cœur ? La philosophie du XIXème siècle n’a-t-elle plus rien à nous dire ? Nous avons fait le pari inverse. Au terme d’une immersion au sein de la philosophie du XIXème siècle, il nous a semblé que les formes de cette pensée questionnaient utilement notre propre modernité. Dans sa quête de l’esprit jusque dans ses formes les plus dissimulées, la philosophie du XIXème siècle met en place des critères de compréhension de la nature que reprennent certaines philosophies contemporaines. Derrière l’obscurité et la confusion que l’on a pu reprocher au spiritualisme, il faut redécouvrir une recherche sur une complicité de l’esprit et de la nature, sur leur lien intime et secret que repenseront les philosophies du XXème siècle s’interrogeant sur la familiarité du corps et de la conscience. L’analogie posée entre la nature et l’esprit est alors réellement méthode, c’est-à-dire voie d’accès à une vérité ontologique. Le trajet qui mène de la nature à l’esprit se révèle double itinéraire de l’être et de la pensée. C’est dans cet entre-deux du dualisme et du monisme que nous avons lu l’expression d’une pensée authentique de la nature et de l’esprit qui n’est ni une séquelle de la métaphysique classique, ni la préfiguration balbutiante de philosophies ultérieures, mais la réalisation d’un effort de pensée original qui tend à la fusion de la spéculation et de la pratique.

Vers la fin de l’homme ?
by Christian Hervé, Jacques J. Rozenberg

Cet ouvrage rassemble les contributions de chercheurs de disciplines variées, d’horizons théoriques, géographiques et linguistiques différents, qui se sont réunis afin de réfléchir ensemble sur ce thème inquiétant mais aussi fédérateur que représente la possible fin de l’homme.

L’homme est-il terminable ? Question redoutable s’il en est, qui ne concerne pas seulement la position de l’homme dans le cosmos et la biosphère, mais aussi son rapport à lui-même et à sa supposée essence, perçue généralement comme intangible… L’existence proprement humaine se définit par ses caractéristiques sociales et éthiques, qui ne sont pas seulement d’ordre naturel et biologique mais également symbolique. C’est par rapport à l’ensemble de ces aspects que la question de la terminaison se pose véritablement. Alors que les espèces vivantes disparaissent, en général, en raison de facteurs écologiques ou de luttes interspécifiques, paradoxalement l’humanité constitue de nos jours la seule espèce capable, semble-t-il, de mettre fin à sa propre existence, comme conséquence possible de sa maîtrise de la nature.

Au lieu de la « fin de l’homme », nous voyons en l’homme et pour lui « la fin » ; il est devenu le but, ce qui travaille à son épanouissement, nous dit François Dagognet, l’auteur de la préface.