Morandi

Le bol du pèlerin, Morandi
by Philippe Jaccottet, Giorgio Morandi

S’étonnant de s’émouvoir sans cesse devant les modestes compositions (bols, pots et vases), les paysages, les bouquets de Morandi, P. Jaccottet se remet à quelques autres références familières. Un poème ne résoudra pas l’énigme (“ne pas refaire en mots les oeuvres”) mais un lent parcours subjectif la réenvisagera, empruntant à Giacometti, Pascal, Leopardi, Dante et Ungaretti.

Giorgio Morandi
by Maria Cristina Bandera

Giorgio Morandi (1890 – 1964) compte parmi les artistes les plus novateurs et les plus singuliers de l’art moderne. Ce peintre, dessinateur et graveur italien a poussé chaque genre jusqu’à un point de perfection rarement atteint. Qu’il s’agisse de ses fameuses Natures mortes, de ses Fleurs si sensibles ou bien de ses Paysages à la beauté poignante, l’oeuvre de Morandi continue de surprendre par de nouvelles variations autour d’un même thème, ainsi que par une stupéfiante maîtrise de la composition et de la couleur. Ce livre rassemble les oeuvres présentées à l’occasion de cette importante rétrospective de Morandi au Palais des Beaux – Arts de Bruxelles (BOZAR). Tous les genres et toutes les périodes, y compris sa période dite ” métaphysique “, sont ainsi représentés. En artiste invité, Luc Tuymans confronte quelques-unes de ses propres oeuvres à celles de Morandi, à travers un dialogue repris dans cet ouvrage. Parmi les autres contributions, celle de la commissaire de l’exposition Maria Cristina Bandera, spécialiste de Morandi, analyse l’évolution et la singularité de son oeuvre. Et tandis qu’Yves Bonnefoy fait une incursion dans cet univers envoûtant, Joost Zwagerman le qualifie d'” artiste de la disparition ” : quelques figures contemporaines, parmi d’autres, pour qui Morandi continue d’exercer une fascination sans bornes.

La Fortune Critique de Giorgio Morandi
by Edouard Leborne

L’oeuvre de Giorgio Morandi a su traverser, sans jamais y adhérer complètement, de nombreux mouvements artistiques de la première moitié du XXe siècle. Une peinture à l’indépendance marquée, mais toujours attentive aux interrogations plastiques de son temps; résultat d’une pensée picturale née de la culture italienne, ainsi que d’influences capitales, comme Cézanne ou Chardin. La critique considéra sa peinture de façon variée selon les époques, et participa amplement à l’élaboration du mythe de l’artiste reclus: l’étudier permet donc de mieux concevoir les changements dans la conception collective de la qualité d’une oeuvre et de la valeur de l’art, et de constater combien celle-ci peut-ètre influencée par l’ordre politique établi. C’est ce que propose ce travail en trois parties: une présentation de l’artiste et de son univers nous permettent dans un deuxième temps d’analyser le contexte culturel de sa formation, pour ensuite s’intéresser aux différentes interprétations de son langage pictural. Enfin, le caractère classique de l’oeuvre est abordé à travers le lien qui unissait le critique Roberto Longhi à Morandi et la rupture interprétative qui s’ensuivit chez Arcangeli.

Morandi dans l’écart du réel
by Musée d’art moderne de la ville de Paris, Tate Modern (Londres), Tate Modern (Gallery)

Reproduisant l’ensemble des oeuvres présentées lors de l’exposition au Musée d’art moderne de la Ville de Paris, ce catalogue regroupe également des textes de Donna di Salvo et de Matthew Gale, commissaires de l’exposition à Londres, ainsi que des entretiens avec des artistes contemporains à propos de leur perception de l’artiste et de l’oeuvre.

Le Condottiere
by Max Gallo

On l’appelle le Condottiere. Il vit au bord du lac de Côme, non loin de Dongo, où a rêvé le Fabrice de Stendhal et où, en 1945, Mussolini a été abattu par les partisans. Il règne depuis le siège de ses sociétés, à Parme, sur un empire. Il possède journaux et télévision, maisons d’édition et de haute couture. Il préside des défilés de mannequins et finance des équipes de football. Le Condottiere est un homme puissant qui séduit et intrigue. Il aime le pouvoir, l’argent, les femmes, les arts. Dans la Villa Bardi, sa somptueuse résidence qui domine le lac de Côme, il reçoit l’Europe qui compte. Artistes, banquiers, jolies femmes, ministres, journalistes se retrouvent dans la Fondation du Futur qu’il a créée. A Paris, il s’apprête à racheter l’Universel et l’agence H and H, cet hebdomadaire et cette agence de publicité dont Max Gallo a décrit le rôle dans La Fontaine des Innocents et Les Rois sans visage. On le courtise et on l’interviewe avec égards.

Mais on découvre un matin, dans les eaux glacées et noires du lac de Côme, le corps d’une jeune femme, Ariane, et les soupçons se portent sur le Condottiere. Une journaliste venue de Paris, Joan Finchett, et un juge de Parme, Roberto Cocci, enquêtent.

Max Gallo brosse un portrait impitoyable du Condottiere et de son entourage, en même temps qu’il campe ces personnalités passionnées que son Ariane _ une victime _, Joan Finchett et le juge Cocci, décidés à faire connaître la vérité et à garder les “mains propres”.

Après La Fontaine des Innocents et Les Rois sans visage, Le Condottiere est de ces romans de dévoilement d’une vérité aussi fascinante qu’inquiétante, celle de la réalité socio-politique d’aujourd’hui et des hommes et femmes de cette fin de siècle.