Maison De Pays

La maison rurale en Pays Basque
by Jean Loubergé

 Cet ouvrage présente les Pays Basques. Les caractères originaux de la maison basque : une dispersion intercalaire, l’etche, des maisons de transition sociale. Les matériaux et les éléments du bâti : la construction en pierre, en pans de bois, les enduits, la charpente et la couverture, les vieilles maisons à ossature de bois, les ouvertures, les planchers et les plafonds, les abords, le four à pain, les porcheries-poulaillers, le jardin potager, la bergerie. Une description régionale détaillée : le Labourd, le pays de Cize, le pays de Baïgorry, l’Ostabaret, le pays de Mixe, entre Labourd et basse Navarre, la Soule. Abondamment illustré, ce cahier constitue une contribution importante à un inventaire régional.

EXTRAIT

Caractères originaux de la maison basque

Avant de traiter l’aspect extérieur ou l’aménagement intérieur, il faut dire quelques mots de la place que tenait la maison, l’etche, dans la vie du peuple basque. Elle était la représentation tangible de la famille, elle matérialisait à la fois son existence, son emprise sur le sol, son appartenance à une communauté qui était le hameau, le village, voire même le "pays". Seuls les chefs de familles possesseurs d’une maison participaient aux assemblées où se discutaient les affaires de la communauté. Il en résultait une structure sociale particulière. À la mort d’un maître de maison, il n’y avait pas de partage de biens entre les enfants : la maison, avec tous ses droits sociaux, passait à l’héritier (ou héritière), et celui-ci devait à son tour s’identifier avec elle. À tel point que le mariage d’un héritier avec une héritière était chose rare, car il pouvait avoir pour conséquence la disparition d’une maison, l’héritière ou héritier épousait généralement une cadette ou un cadet d’une autre maison. En dehors de cette opportunité la situation des cadets n’était guère enviable.  Il leur fallait soit rester dans la maison, comme salariés agricoles, ou servantes, soit chercher fortune ailleurs. Les plus vaillants et les plus habiles réussissaient à se créer une exploitation sur des secteurs restés en friche, qu’il faisaient accorder par la communauté, et ils construisaient une maison nouvelle. Cela fut fréquent lors des périodes d’essor démographique, en particulier au XVIIIe siècle, et de nouveaux villages naquirent ainsi. C’est le cas, par exemple, de Bidarray, qui n’était à l’origine qu’un quartier d’Ossès. Par acte notarié de 1677, les habitants de Bidarray obtinrent du curé d’Ossès la création d’une église paroissiale, avec fonds baptismaux et cimetière, arguant du fait que leur quartier « s’est beaucoup peuplé depuis peu par l’établissement de plusieurs familles »et qu’il est très éloigné des autres églises paroissiales.

La construction en pans de bois

Au Pays Basque, la construction en pans de bois est quelque chose d’assez particulier, à la fois par l’armature et par le remplissage. En ce qui concerne les murs extérieurs, il n’y a pas de pans de bois dans les murs latéraux ni dans le mur-pignon arrière, qui est toujours en pierre. La construction en pans de bois ne se rencontre donc qu’en façade, seulement en étage, car le rez-de-chaussée du mur de façade est toujours en maçonnerie, encore ce type de construction n’est-il pas utilisé dans toutes les régions puisque, comme nous le verrons, les parties montagneuses de Basse Navarre l’ignorent. Par contre, il est fréquent, et ceci dans toutes les régions, que les cloisons intérieures soient à pans de bois.  L’armature de la construction en pans de bois est relativement simple. Au-dessus de la maçonnerie du rez-de-chaussée est placée une grande poutre sablière, sur laquelle viennent reposer les solives du plancher de l’étage, leur extrémité, généralement chantournée, apparaît en façade et participe à l’ornementation de celle-ci.


La maison rurale en Basse-Normandie
by Jean-Louis Boithias, Corinne Mondin

 Oublieux d’un bon nombre de procédés de constructions traditionnelles, notre dernier quart de siècle n’en a pas moins conservé – parfois de façon très complète – un patrimoine immobilier d’une grande valeur, alliant à un panorama étendu des deux ou trois siècles passés, un éventail régional des plus diversifiés. L’acte de bâtir – en Normandie comme ailleurs – est donc avant toute chose, une lutte permanente avec le matériau qu’il s’agit de stabiliser dans les trois dimensions de l’espace. Il est la résultante de calcul et de savoir-faire artisanaux entérinés par des siècles d’usage quotidien généralisé. Les ouvrages proposent une présentation des pays de Haute-Normandie et Basse-Normandie, les caractères originaux des maisons rurales, les éléments et matériaux du bâti, ainsi qu’une description régionale. Abondamment illustrés, ces cahiers constituent une contribution importante à un inventaire régional.