Lettres De Voyage Moscou Sahkaline Moscou

Lettres de voyage
by Françoise Darnal-Lesne

Pourquoi lire les lettres du voyage à Sakhaline, perdues qu’elles sont dans l’immense correspondance échangée par Tchekhov sa vie durant ? Dans ces lettres, reflet d’un voyage refuge, on voit la personnalité de l’homme-personnage Tchekhov évoluer, mûrir, se développer, chercher comme dans un miroir son visage, celui d’un homme qui, à chaque pas, s’éloigne du monde, envoûté par les dangers qu’il côtoie, envahi du sentiment tantôt euphorique, tantôt désespéré de celui qui in fine ne dépend plus que de lui-même.

Mise en scène et jeu de l’acteur
by Josette Féral

Aujourd’hui, si la place des femmes metteures en scène semble aller de soi, des différences sensibles se manifestent néanmoins selon les pays et les cultures. Pourquoi ces femmes ont-elles choisi de devenir metteures en scène? Quelle est leur vision du théâtre? Comment travaillent-elles avec les acteurs? Quel répertoire privilégient-elles? Mais aussi : Comment cette fonction a-t-elle été affectée par le fait qu’elles soient femmes? Troisième volet d’une trilogie qui donne la parole aux metteures en scène d’aujourd’hui en les interrogeant sur leur vision du théâtre, leur direction d’acteurs et leur choix de répertoire, l’ouvrage de Josette Féral est entièrement consacré aux femmes metteures en scène car celles-ci représentent une réalité incontournable de la scène théâtrale actuelle. Grâce aux témoignages, aux entrevues, mais aussi aux photographies qu’on y trouve, cet ouvrage de référence offre au lecteur une belle occasion de réfléchir sur la pratique théâtrale au féminin. Ce livre d’entretiens a choisi de ne donner la parole qu’aux femmes, des femmes qui ont choisi totalement, profondément le théâtre à un moment ou à un autre de leur parcours d’artistes. Qu’elles soient originaires de la Suisse ou de la Lettonie, ces femmes sont reconnues parmi les plus intéressantes de leur pays. Josette Féral a interrogé leur démarche et leurs choix. Par-delà la diversité des propos, des parcours et des générations, par-delà les diversités culturelles incontestables, se profilent des préoccupations similaires : le souci premier de servir d’abord le théâtre et d’y inscrire une véritable démarche esthétique. Si la plupart des femmes se considèrent d’abord comme artistes et souhaitent qu’on les juge comme telles, elles reconnaissent toutes néanmoins que, dans les coulisses, face aux institutions, elles ont, un jour ou l’autre, pris conscience d’une certaine discrimination. La question du rapport au féminin a donc accompagné toute la trajectoire de l’auteure. Les réponses obtenues ne prétendent en rien être le reflet d’une vérité unique. Elles tracent en pointillé un certain état de la situation en ce début du XXIe siècle. La variété des réponses, des âges et des trajectoires révèle non seulement la vitalité des formes et des visions que Josette Féral a rencontrées, mais aussi une ardente rage de créer.

Voyage à Sakhaline
by Anton Pavlovich Chekhov, Anton Pavlovitch Tchekhov

Parti de Moscou le 21 avril, c’est le 11 juillet 1890 qu’Anton Tchékhov, médecin, écrivain, dramaturge et épistolier pose les pieds sur l’île de Sakhaline après un voyage de dix semaines durant lesquelles il accomplit un parcours de 11 000 verstes en train, en bateau, en barque et en voiture à cheval. Ce voyage, il l’entreprend seul et de sa propre initiative pour enquêter et témoigner des conditions de vie des déportés au bagne de Sakhaline, institué depuis 1875, et mobiliser les consciences sur la distorsion de la vérité. A travers la lecture de ces soixante et onze lettres et télégrammes nous suivons les préparatifs du voyage, les péripéties affrontées tout au long du trajet et son retour. Sous l’humour et la drôlerie du ton, le sens de la dérision, le rocambolesque de certaines situations et néanmoins la profonde mélancolie sous-jacente, les préoccupations sociales et politiques de Tchékhov sont omniprésentes. Ces lettres sont en quelque sorte le prélude à Ce de Sakhaline qui sera publié en 1895, après autorisation de la censure.

L’hiver aux trousses
by Cédric Gras

C’est à un joyeux exercice de « géographie narrative » que nous invite Cédric Gras. Une pérégrination glacée aux confins de l’extrême orient russe où, six semaines durant, il a arpenté le pays de l’« avenir lumineux » à la poursuite d’un automne sans fin. À trois reprises, entre les 56e et 43e degrés de latitude nord, entre Irkoutsk et Vladivostok, la « chasse aux feuilles rouges » a scandé et guidé ses pas. Chemin faisant, il a remonté le cours du temps et côtoyé les Bouriates et les Manchous jadis égarés en ces contrées où « on mourrait d’y résider ». Il a dialogué avec les fantômes encombrants d’un passé marqué à l’enclume d’un goulag inavouable et échangé avec une population éthique abandonnée par le grand cycle de l’histoire.
Au coeur de la Yakoutie, le long des rives du fleuve Amour, au plus loin de l’île de Sakhaline, il a surtout emboîté le pas de Joseph Kessel et Blaise Cendrars eux-mêmes égarés un temps dans cet Eldorado rêvé, taches blanches définitives d’une littérature qui ne supporte rien moins que les frontières bornées.


Revue de geographie
by Ludovic Drapeyron, Charles Vélain, M. Ch Vélain

From 1877 to 1903 each number includes “Correspondance et comptes rendus critiques des sociétés de géographie et des publications récentes” (title varies slightly).