Le Voyage Poetique De Kathleen

Voyage vers l’Inde intérieure
by Marie-France Latronche

A l’aube d’un XXIe siècle, qui s’ouvre sur des bouleversements socio-politiques profonds et sur une crise métaphysique sans précédent, que peut représenter la franc-maçonnerie et l’initiation spécifique qu’elle propose ? Comment est-elle née en Occident et pourquoi attire-t-elle toujours des nouveaux membres ? Le présent ouvrage propose d’apporter des réponses circonstanciées en brossant un panorama du fond de culture générale, littéraire, historique, philosophique et de connaissance des mythes et du symbolisme comparés, à l’écart de tout sectarisme. Puisant aux sources les plus lointaines, il met en place une démarche thématique et chronologique susceptible de mettre à la portée de tous les lecteurs une pensée initiatique complexe. Plus spécifiquement, pour le maçon, l’ouvrage propose une méthodologie d’élaboration de la connaissance adaptée à la réflexion maçonnique. En effet, il prend en considération que, quel que soit le degré où l’on se trouve, les rituels, les symboles, les récits, les gestuelles, sont offerts comme autant de moyens d’investigation. Cette richesse métaphorique et symbolique, qui a glissé de l’opératif au spéculatif, est faite de champs sémantiques et lexicaux complexes qui nécessitent plusieurs niveaux de lecture pour en explorer toutes les facettes. C’est la mise en place de ces niveaux de lecture, qui permettent au maçon de décrire et de nommer les processus psychologiques participant de l’introspection, de l’imagination et de l’intuition mais aussi les interconnexions faisant émerger une culture spécifique, de construire une herméneutique. Les auteurs ont voulu poser les conditions d’une approche originale soucieuse d’approfondir une pensée qui s’inscrit dans une culture réunissant ceux qui croient au ciel et ceux qui n’y croient pas dans une conscience commune et un besoin essentiel d’humanité. Ils invitent à aller à la découverte des structures qui construisent la pensée maçonnique en ouvrant une à une les portes de l’intelligence de ses mystères indissociables des interrogations spirituelles de l’homme

La vie poétique, j’y crois
by Colette Nys-Mazure

Colette Nys-Mazure relève un défi dans ce texte témoignage très personnel : elle décrit avec émotion et conviction l’action de la littérature sur les femmes et les hommes. Comment, dans des situations concrètes, la poésie rejoint l’existence de chacun au plus intime. C’est une visite à une amie gravement malade à l’hôpital, une rencontre avec des jeunes lycéens de banlieue, la correspondance que l’écrivain entretient avec des lecteurs, des anonymes touchés par la grâce des mots… L’écriture est expérience. Colette Nys-Mazure propose ainsi un plaidoyer très original : les fractures contemporaines, celles de la société (exclusion, solitude, travail…), celles individuelles (maladie, dépression…) trouvent toujours un écho dans le texte du poème. La poésie a une puissance de guérison qu’il convient de transmettre, de faire partager. Colette Nys-Mazure renoue dans ce livre avec ses thèmes de prédilection qui ont fait son succès : la célébration de la lecture et de la poésie, l’écriture comme chemin de vie et de partage.

Discours et vérité dans Les voyages de Gulliver de Jonathan Swift
by Alain Bony

Gulliver se vante (ou s’excuse) de n’avoir rien que de très ” commun ” à raconter contrairement aux autres auteurs de récits de voyages, qui ont tant de choses extraordinaires à dire. De fait, ce dont il parle, ce n’est pas de pygmées ou de géants, d’île volante ou de chevaux qui pensent : c’est de ce qu’il y a de plus commun entre les hommes, puisqu’il s’agit de l’espèce humaine, de la définition de la ” nature ” de l’homme, et de ce que l’homme a fait de cette nature au cours de son histoire individuelle et collective. Tout le livre illustre et dénonce l’abjection à laquelle l’homme n’a cessé de consentir, cette ” perte du propre ” (J. Kristeva) qui le condamne à la dérive loin du lieu de la Vérité, dans les errances d’un discours qui l’en éloigne à mesure qu’il cherche à s’en rapprocher. Cette malédiction se manifeste dans les vicissitudes du texte même que Gulliver offre au lecteur, texte sans origine ni autorité, dans le langage qui l’oblige à dire ” la chose qui n’est pas “, dans l’état de la cité livrée à la corruption, dans l’histoire du monde mené au désastre par l’intrigue et le mensonge. L’homme est ainsi condamné à une inéluctable dégradation que les errements de la modernité politique, idéologique, épistémologique aggravent au-delà de toute rémission. La quête de la Vérité bascule de l’utopie à la dystopie, de la satire à la métaphysique, de l’ingénuité à l’horreur, tout au long des voyages du marin le plus catastrophique de la littérature. Gulliver est amené pour finir à porter témoignage d’une expérience de l’impossible, dont sa santé mentale fait les frais, au terme de ce ” Grand Tour ” paradoxal dans l’envers du monde.