La Figure Heraldique Du Cheval

Le sanglier héraldique
by Bernard Marillier

Contrairement à l’aigle et au lion, les deux grandes figures animalières armoriales par excellence, le sanglier se présente un peu comme le parent pauvre de l’art héraldique européen. Il n’a jamais fait jusqu’a présent l’objet d’une étude monographique sérieuse et détaillée. Les seules lui ayant été consacrées se limitant à quelques articles succincts parus dans des revues spécialisées, à l’usage d’érudits, le plus souvent d’origine anglo-saxonne et allemande. Pourtant, le sanglier, hôte de nos forêts depuis des millénaires, hante, en compagnie de l’ours et du loup, la mémoire collective des Européens, lesquels n’ont pas manqué, en raison de sa forte charge symbolique et spirituelle, liée à sa nature primordiale, dans toutes les acceptions du terme, d’en faire un acteur important de leurs croyances, mythes et légendes. Dans ces conditions, il était normal que l’emblématique héraldique l’accueille en son sein et lui offre la possibilité d’orner les armes des chevaliers aussi bien que celles des bourgeois et des plus humbles paysans. En consacrant cette étude au sanglier, aussi détaillée que possible et surtout accessible à un vaste public ; nous avons conscience de réparer cette lacune et une injustice envers un animal qui est l’une des plus anciennes figures de l’art héraldique de notre continent. Nous invitons nos lecteurs à nous accompagner dans la traque à la ” bête noire “, roi de nos sylves, et à repérer les traces qui ont pu la conduire à prendre place sur le champ de nos écus.

Le cheval dans les croyances germaniques
by Marc-André Wagner

Quelle était la place du cheval dans le paganisme des Germains, et comment les croyances relatives à cet animal ont-elles évolué dans l’Occident chrétien et dans les traditions allemandes ? Le cheval se distingue des autres animaux dans les rites et les mentalités germaniques : double de l’homme, mais aussi forme des puissances, il constitue un lien entre leurs deux mondes, ce qui le définit comme animal sacré. La diversité de ses rôles – il est notamment un génie de la fécondité, un démon de la mort, l’instrument de transes chamaniques et le masque de rituels initiatiques – renvoie à sa fonction fondamentale qui est d’incarner le cycle vital cosmique, que son sacrifice régulier vise à entretenir. La christianisation a combattu ce rite (par l’interdiction de l’hippophagie) comme celui de l’offrande funéraire du cheval, parallèlement à l’élimination progressive de l’animal réel hors de la sphère religieuse (défilés, rogations à cheval). Le cheval symbolique des clercs est ambivalent : tandis qu’il est plutôt associé au péché dans leur prédication (exempla), sa valorisation est le plus souvent positive dans leurs bestiaires mystiques. Si les pratiques post-médiévales conservent la croyance aux vertus apotropaïques et bénéfiques du cheval (importance de l’organothérapie notamment), les mémorats (Sagen) en retiennent en revanche une image sombre et négative. Sur la très longue période, c’est l’association du cheval avec la troisième fonction indo-européenne qui domine dans l’espace germanique.

Héraldique et numismatique 1
by Yvan Loskoutoff

Les monnaies, comme les médailles, sont fréquemment ornées d’images armoriales provenant des autorités qui les émettent. L’étude de la numismatique, médiévale ou moderne, est donc difficilement concevable sans le recours à l’héraldique. Il ne semble pourtant pas exister d’ouvrage d’ensemble, ni national, ni international, fondé sur les rapports entretenus par ces deux sciences. Le présent volume se propose de pallier une telle lacune en réunissant les travaux d’universitaires et de conservateurs de musées, italiens, anglais et français. Il s’articule en deux volets, l’un consacré aux monnaies, l’autre aux médailles. De la France à l’Italie, de la Provence à la Lorraine, la diversité des approches et la variété des résultats y révèlent la richesse de la collaboration entre deux disciplines.

 


Les phobies
by Jean-Louis Pedinielli, Pascale Bertagne

La phobie renvoie à la peur persistante et irrationnelle d’un objet, d’une situation ou d’une activité qui déclenche, lorsque le sujet y est confronté, une poussée d’angoisse paroxystique. Les auteurs en présentent ici les multiples formes (agoraphobie, phobies simples ou spécifiques, phobies sociales) et les différentes conceptions (psychanalytiques et cognitivo-comportementales). Ils défendent l’idée que la phobie est, comme la dépression, une « pathologie actuelle », une maladie de nos sociétés post-modernes, reflétant l’angoisse narcissique de ne pas savoir qui l’on est.