La Cinquieme Ou La Republique

La Cinquième ou la République des phratries
by Jean-Marie Colombani, Georgette Elgey

La Phratrie n’est pas la fratrie… Le dernier terme s’applique aux groupes formés par les frères et les soeurs ; le premier qui, à l’origine, dans la Grèce antique, concernait les divisions de tribus, désigne les clans. A ce titre, il s’est imposé aux auteurs pour définir la Ve République.
A se pencher sur les dernières décennies, il apparaît en effet que les principales décisions n’ont pas été le fait des partis politiques, mais de petits groupes constitués autour – et par – une personnalité exceptionnelle. A la “République des Ducs” ou “des Notables” que fut la IIIe République, a donc succédé la “République des phratries”, puisque ce sont les divisions au sein des familles qui la caractérisent. L’expression fait évidemment écho à l’expression “régime des partis”, employée par de Gaulle pour dénoncer la IVe République.
La volonté des auteurs est d’embrasser d’un seul regard quarante ans qui ont marqué l’Histoire récente, à travers quatorze problèmes clés qui déterminent notre avenir, qu’il s’agisse entre autres de la construction européenne, du chômage, de la politique de santé, de l’enseignement, de la justice…
Georgette Elgey est l’auteur de l‘Histoire de la IVe République et de différents récits (La Fenêtre ouverte, Anonymes).
Jean-Marie Colombani a publié de nombreux essais politiques. Il est directeur du Monde.

La Cinquième République
by Jean-marie Donegani, Marc Sadoun

Comme les autres Républiques, la Cinquième a perdu dans les épreuves sa cohérence et son identité. Son fondateur avait une ambition : restaurer la volonté et la légitimité politiques, placer à la tête de l’Etat un chef qui retrouve dans une relation intime avec le peuple la mission universelle de la France. Il voulait concilier ce qui passe pour exclusif et contradictoire : la représentation d’une société divisée, l’incarnation d’une nation unifiée sans laquelle rien de grand ne peut se faire. C’est le sens et l’originalité de son projet, que les juristes ont toujours eu du mal à désigner : la Constitution, telle qu’il la voulait, était le contrat, inclassable parce qu’inédit, que le chef concluait avec un peuple imparfait.
Un tel régime ne pouvait fonctionner que sous le signe de l’extraordinaire. Après le règlement de la question algérienne, il a fallu transiger, composer : les successeurs du général de Gaulle ont revendiqué des pouvoirs que le fondateur lui-même dédaignait. Et dans cette recherche sans mesure, c’est le projet des origines qui s’est abîmé. La Ve République n’est plus aujourd’hui le beau régime, moderne, loué de toutes parts, qui avait assuré la stabilité des institutions. Prise dans les contraintes du quotidien, elle paraît condamnée à fonctionner de manière chaotique, au gré des concordances et des discordances de majorités. Sous d’autres formes, elle a retrouvé les travers de la IVe République. C’est l’évolution que considère cet essai, le premier à retracer toute l’histoire de la Ve République à la lumière d’une interrogation sur la logique de ses transformations.

Droit constitutionnel – Séquence 5. Aux origines de la Cinquième République
by Arnaud Haquet

Tout le programme de droit constitutionnel de L1 abordé par le biais de 11 séquences consacrées au grandes notions de la matière (état, histoire constitutionnelle, régimes étrangers, Ve République…). Ces 11 séquences permettent d’envisager différemment la matière en proposant notamment des situations qui montrent la mise en application de certains principes.


Les grands discours parlementaires de la Cinquième République
by Jean Garrigues

Il peut sembler paradoxal de consacrer un ouvrage aux grands débats parlementaires de la Cinquième République, un régime précisément fondé pour en finir avec les excès du parlementarisme.
Mais le paradoxe n’est qu’apparent, tant il est vrai que le général de Gaulle et Michel Debré n’ont jamais remis en question la nécessité d’un dialogue fécond et animé entre les pouvoirs. Si le parlementarisme a été rationalisé, il n’en a pas moins conservé sa capacité de produire discours, débats, incidents et polémiques. En dépit de la présidentialisation du régime, en dépit de la discipline de parti, de la médiatisation réductrice et de la technocratisation des enjeux, la scène parlementaire est restée l’un des lieux essentiels du politique.
Outre les déclarations de politique générale, certains discours semblent incontournables: celui de Michel Debré défendant en décembre 1959 sa loi de financement de l’enseignement privé; celui d’Edgar Faure, ministre de l’Éducation nationale, présentant en juillet 1968 sa réforme de l’enseignement supérieur; celui de Robert Badinter, ministre de la Justice, sur l’abolition de la peine de mort en septembre 1981… Mais la prépondérance de l’exécutif ne doit pas faire oublier la part de l’initiative parlementaire, comme l’illustrent les discours de Lucien Neuwirth en faveur de la contraception, en juillet 1967, ou de Christiane Taubira visant à faire reconnaître l’esclavage comme un crime contre l’humanité, en février 1999.
C’est encore dans la critique, voire dans la polémique, que peut s’exprimer la créativité rhétorique des parlementaires. Parmi ces grands discours d’opposants, citons celui de Paul Reynaud contre la révision constitutionnelle d’octobre 1962, celui de Pierre Mendès France condamnant la politique économique et sociale du gaullisme en mai 1967, celui de François Mitterrand contre Jacques Chirac en octobre 1976, celui de Jacques Chirac contre le projet Savary en mai 1984, ou encore le réquisitoire de Philippe Séguin contre le traité de Maastricht en mai 1992.
Si la technicité et l’expertise ont tendance à prendre le pas sur l’escrime oratoire et sur le plaisir de la délibération, les discours sélectionnés dans ce recueil recèlent une qualité littéraire intrinsèque.

Histoire de la IVe République Volume V
by Georgette Elgey

Ce cinquième volume de l’Histoire de la IVe République marque l’aboutissement – sinon encore le dénouement ! – d’un travail sans égal entrepris il y a quarante-cinq ans (son premier tome, La République des Illusions, parut en 1965). Comme ses prédécesseurs, devenus ouvrages de référence, ce volume est le fruit d’une enquête exhaustive, de la confrontation de centaines de documents d’archives françaises et étrangères, très souvent de première importance, jamais encore consultés, avec les témoignages des principaux acteurs.
C’est un livre hors normes qui nous conduit dans une société française à mille lieues de la France d’aujourd’hui. Les révélations y abondent, sur les sujets les plus variés : guerre d’Algérie, drame des populations, écartèlement de l’armée, scandales politico-policiers, dysfonctionnements du régime, retour du général de Gaulle au pouvoir, etc. L’auteur a connu et souvent vu vivre les personnages qu’elle évoque. Sous sa plume, ils deviennent des êtres de chair et de sang avec leurs faiblesses, leurs erreurs, mais aussi, pour beaucoup, leur courage et leur dévouement à la chose publique.
Voici des années que l’éditeur et l’auteur reçoivent des lettres de lecteurs réclamant la suite et fin de cette foisonnante Histoire de la IVe République. En ouvrant cet ouvrage qui a demandé une bonne décennie de travail, ils ne seront pas déçus.