L Algerie Au Coeur Vue Du

L’Algérie, coeur du Maghreb classique
by Gilbert Meynier

C e livre retrace l’histoire de la société et du territoire de la future Algérie qui s’étend de la prise de Carthage (698) par les Islamo-Arabes à l’allégeance à l’Empire ottoman du maître d’Alger, Kheireddine (1518). C’est l’époque d’un Maghreb classique, où les Etats sont centrés, soit sur le Maghreb médian, soit ensuite sur le Maghreb oriental ou sur le Maghreb occidental. La société connaît alors un achèvement inédit en termes d’organisation étatique, d’économie et de civilisation. Au-delà des Etats régionaux, c’est aussi la tentative, plus de deux siècles durant, de deux grands empires maghrébins, almoravide et almohade. Avec, toujours en arrière-plan, le poids d’une structuration tribale de la société, mais aussi l’environnement méditerranéen et le devenir des échanges dans cette ” mer moyenne “. Or plusieurs facteurs entraînent la marginalisation de la région dans cette aire de contacts, notamment du fait de l’offensive du capitalisme marchand italien sur fond de croisades : de l’ouverture initiale, on passe progressivement à un repli qui touche tous les secteurs. C’est pourtant à ce moment que le Maghreb donne au monde la figure universelle d’Ibn Khaldûn… Faisant suite à L’Algérie des origines. De la préhistoire à l’avènement de l’islam (La Découverte, 2007), cet ouvrage remarquablement documenté revisite bien des idées reçues sur cette période, comme celle qui l’identifiait, naguère encore, pour les manuels d’histoire algériens, au triomphe d’un islam enfin advenu, suite à la jâhiliyya (période d’ignorance) antéislamique.

Un missionnaire français au coeur de la décolonisation
by Michel Legrain

Les rapides considérations à propos des colonisations et décolonisations rapportées dans ce livre sont destinées à mieux saisir le contenu des 91 lettres qui ont ponctué le demi-siècle de la vie missionnaire de l’auteur, parti vers l’Afrique en 1957. Quelques années en pleine brousse congolaise, suivies de nombreux déplacements pour partager avec autrui interrogations et convictions en vue d’une meilleure évangélisation, l’ont amené à percevoir autrement l’activité missionnaire.

Au coeur de la coopération internationale. Trajectoires d’un praticien
by GENTIL Dominique

Enfant de la guerre, provincial, bercé par les souvenirs africains et malgaches de sa famille, Dominique Gentil fera HEC un peu par hasard. Il y découvrira les opportunités d’une grande École sans succomber à l’esprit de son enseignement. Mais en ce début des années 1960, c’est l’époque des indépendances et de la guerre d’Algérie. Partir travailler dans le Tiers-Monde s’impose à lui comme un choix, partagé par nombre de jeunes de sa génération. Après un bref séjour dans l’Algérie indépendante, il part en 1965 au Niger où il s’interroge sur les « bienfaits » de la colonisation : 4 % de taux de scolarisation et 40 km de routes goudronnées. Pendant cinq années, il y découvre la vie des paysans haoussas, leurs rationalités, leurs équilibres ociaux, leur humour et l’échec de tout modèle imposé de l’extérieur. Il participe avec eux à la construction de nouveaux systèmes de commercialisation, de crédit ou de comptabilité. Cette initiation va lui servir de fil conducteur pendant ses séjours à Madagascar, au Cameroun, au Sénégal et lors d’une centaine de missions courtes dans une trentaine de pays africains, centroaméricains ou asiatiques. Membre d’un bureau d’études associatif et autogéré, l’IRAM, D. Gentil appuie l’évolution des organisations paysannes et contribue au lancement de plusieurs institutions de micro-finance, bien avant que cette formule soit devenue une mode. Il participe également à de nombreux réseaux où se rencontrent chercheurs, praticiens et décideurs. Il enseigne, écrit et favorise l’écriture par des cadres africains de leur propre histoire. À travers le récit d’une trajectoire, riche d’évocations personnelles et du rappel des grands débats intellectuels de la seconde moitié du XXe siècle, ce livre décrit de l’intérieur les évolutions de la coopération sur une quarantaine d’années. L’auteur en montre les limites, comme la tentation permanente d’imposer des solutions, les effets pervers autour de l’argent, les ruses des « bénéficiaires », la progressive diffusion des normes et des procédures bureaucratiques internationales. Mais il souligne aussi que des rapports moins déséquilibrés, des politiques et pratiques alternatives sont possibles et ont été mis en oeuvre dans différents pays. Dominique Gentil, socio-économiste, a été un spécialiste des problèmes de développement rural dans le « Tiers-monde ». Il a toujours travaillé à l’IRAM. Il a écrit et codirigé de nombreux ouvrages sur les coopératives, la micro-finance, les politiques de coopération ou le Laos. Depuis sa retraite, il s’est investi dans le 14e arrondissement de Paris (conseils de quartier, associations, Université populaire). Table des matières A. GENESE I. NÉ QUELQUE PART (1941-1958) 1. Les origines vosgiennes 2. Un peu d’exotisme et de fantaisie 3. Sainte Ombre 4. Enfance et adolescence provinciales 5. Et déjà les voyages II. HEC, PAR HASARD ? (1958-1965) 1. Sortir du bagne 2. Un enseignement diversifié 3. Israël, Inde, Mexique 4. La vie à HEC et la découverte de Paris 5. Matelot de 3e classe à Paris B. LA DECOUVERTE DES DIVERSITES AFRICAINES I. PRELUDE ALGERIEN ET ENRACINEMENT NIGERIEN (1965-1970) 1. Algérie, la formation des cadres du FLN 2. Niger, découvertes et apprentissages 3. Les « bienfaits » de la colonisation 4. Des sociétés différentes et rationnelles 5. Les exigences de la participation 6. Participation et choix politique 7. La formation des cadres et l’utopie d’une autre fonction publique 8. Chercheurs et développeurs, déjà 9. quelques convictions II. AUTRES INSERTIONS AFRICAINES 1. Madagascar, une autre Afrique 2. Centrafrique: 20000 habitants et 40000 éléphants dans le Haut MBomou 3. Cameroun: à la recherche des leçons du succès 4. Cameroun: la formation agricole et rurale 5. Sénégal, l’impossible réforme de l’enseignement C. ENTRE PARIS ET LA TRICONTINENTALE I. MISSIONS EN TOUS GENRES (NOVEMBRE 1974-OCTOBRE 2002) 1. Des missions toujours différentes 2. Le type de mission vient la demande et qui la finance ? 3. La nature du pays 4. La contrainte du temps 5. La composition de l’équipe 6. L’évolution du champ de la coopération 7. La décennie 1960, la construction des États 8. Les années 1970, le temps des projets 9. Avec la Banque mondiale, ou le monde rural comme une boite noire 10. L’émergence des ONG. Gao (Mali) 11. La décennie 1980: entre la Banque mondiale et l’aide française au développement 12. Controverses sur la vulgarisation. « L’affaire Bénor » 13. De nouvelles approches dans la coopération française 14. La micro-finance (1988-2002): élargir le champ des possibles pour les exclus des banques 15. La relance des caisses au Bénin 16. Guinée: tester le modèle Grameen Bank et créer une institution 17. Élargir les expériences 18. Décentralisation et problèmes environnementaux 19. La lutte contre la pauvreté, le nouveau mot d’ordre 20. Imposer des modèles, se défendre par la ruse II. L’AUTOGESTION, UNE UTOPIE? 1. La participation pour les autres (1957-1975) 2. Des cercles concentriques 3. L’autogestion à l’IRAM et ses variations (1975-2002) 4. Changement de présidence et début d’autogestion 5. Les atouts d’une direction collégiale 6. Difficultés et crises 7. Continuité et adaptations annuelles 8. Les salariés doivent garder le pouvoir III. L’IMPOSSIBLE REFORME DE LA COOPERATION 1. Cadres nationaux et « développement 2. Les groupes de réflexion 3. La gauche au pouvoir 4. Un effort de renouvellement 5. L’aide française s’aligne et perd son influence, à partir des années 1990 6. L’Observatoire permanent de la coopération française 7. (1994-2003) 8. Les conséquences des appels d’offre et des procédures 9. Accompagner dans la durée D. MES VIES COMPLEMENTAIRES I. ENSEIGNER, LE PLAISIR DE LA MAÏEUTIQUE 1. La formation des cadres en Afrique 2. L’expérience du Collège Coopératif 3. Enseigner avec 4. Appui à l’écriture 5. L’anthologie et l’Université coopérative internationale 6. Le recyclage des cadres 7. La formation des étudiants 8. lire, écrire, participer à une intelligence collective 9. Lire 10. Écrire 11. Écrire « seul », co-écrire, co-diriger 12. Les livres collectifs 13. Participer à une intelligence collective 14. Le groupe AMIRA 15. Le Réseau Recherche-Développementet l’Inter-Réseaux 16. Développement Rural 17. Comprendre une société et susciter des solutions II. RETRAITE: CONTINUITE ET NOUVEL HORIZON 1. Continuité dans le développement 2. L’IRAM 3. Le Comité de Coopération avec le Laos (CCL) 4. L’Inter-Réseaux Développement rural 5. Le Réseau Impact 6. La revue Tiers Monde 7. Citoyen du 14e arrondissement 8. Les conseils de quartier 9. Le journal « La Page » 10. La vie militante 11. La dernière utopie, l’Université Populaire du 14e CONCLUSION ANNEXE I Y-a-t-il une spécificité de l’IRAM dans le champ de la coopération? (cf. chap. 6) ANNEXE II Bibliographie (cf. chap. 9)