Engendrer Des Traces Dans L Histoire

Traces de Dieu dans la philosophie d’Emmanuel Levinas
by Magdalene Thomassen

La question de Dieu dans la philosophie d’Emmanuel Levinas est notablement complexe. D’une part, elle ne cesse de la traverser, d’autre part, elle s’y retrouve à peine explicitée. Cette complexité se révèle surtout dans la plurivocité de la notion de « trace » indissociable du sens que le mot « Dieu » y acquiert. La densité tripartite de cette notion, inscrite dans le « visage d’autrui », dans la « passivité du sujet » et dans le « dire prophétique », donne à penser Dieu comme absence-présence d’une transcendance radicale ; celle-ci, à même sa séparation absolue, affecte l’immanence et s’incarne comme intelligibilité première. Aussi est-ce l’événement de « la trace » en ces trois modalités, tel qu’il pénètre l’oeuvre de Levinas, que la présente étude cherche à examiner.

Brève histoire de l’ombre
by Victor I. Stoichita

Une ancienne légende fait remonter l’origine de la peinture à l’initiative d’une jeune fille qui circonscrivit sur un mur l’ombre de l’homme qu’elle aimait avant qu’il ne parte pour un long voyage. Cette naissance “en négatif” de la représentation artistique occidentale est sans doute significative. En effet, la peinture fait son apparition sous le signe de la dialectique absence/présence (absence du corps/présence de sa projection). Cet ouvrage, situé au point de rencontre de la représentation artistique et de la philosophie de la représentation, se propose de poser les jalons de cette histoire qui conduit du mythe des origines à la photographie et au cinéma, à travers les expériences les plus significatives de l’utilisation de l’ombre dans l’art occidental.

Algérie, traces d’histoire
by Ecole d’architecture de Grenoble

Parcours à travers le patrimoine architectural, urbain et artistique de l’Algérie. Six séquences où les monuments et sites sont présentés sous forme de fiches : préhistoire, Antiquité, période arabo-ottomane, architecture française, Algérie contemporaine, habiter le désert.

Traces et fragments dans l’esthétique japonaise
by Murielle Hladik

Comment se traduit la méditation sur le temps qui passe en Occident et en Orient ? Quels sont les rapports entre l’architecture et le temps ? Si pour les occidentaux, la figure de la ruine reste un des lieux communs les plus propices à cette réflexion, d’autres figures traversent l’esthétique japonaise, du théâtre nô à la poésie en passant par l’art des jardins et l’architecture. Le jardin à l’abandon (haien), la trace (ato) et la demeure provisoire (yado) révèlent une manière éphémère et transitoire d’habiter le monde. Alors qu’en Occident, la menace du temps ne devient effective qu’une fois l’acte de création terminé, on constate au Japon une fragilisation volontaire de l’oeuvre dès son édification. Le dialogue esthétique entre deux cultures instauré par l’auteur se prolonge auprès des artistes contemporains dont le travail, par-delà les frontières et les traditions, s’inscrit lui aussi dans une réflexion sur le passage du temps.