Dimanche A Cuba

Mes années Cuba
by Eduardo Manet

« Je suis né à Santiago de Cuba le jour où la terre a tremblé. C’est du moins ce que soutenait ma mère. Croire ou ne pas croire, telle est la question. J’ai eu droit, au cours de ma petite enfance, à diverses versions de ce fait exemplaire. Tu es né à l’instant précis où le sol s’est mis à trembler, les murs à se fendre, les toîts à s’effondrer. Le tremblement de terre avait commencé depuis quelques instants. La sage-femme haïtienne a eu la bonne idée de transporter le lit dans la rue. C’est la que tu es né ! Le lendemain du plus terrible tremblement de terre de toute l’histoire de Santiago de Cuba, tu es venu au monde. Par chance, notre maison avait été épargnée par la furie des éléments. Et ainsi de suite… » Ainsi commence ce texte inclassable et fantasque, qui pourrait bien être l’autobiographique politique et légendaire d’Eduardo Manet. Autobiographique, car tout y est vrai, depuis sa naissance au début des années 30, jusqu’à son départ de Cuba, en 1968 ; politique, car Eduardo Manet Gonzalez, avant d’amputer son nom pour habiter définitivement la langue française, a longtemps été le compagnon de route des révolutionnaires cubains – et parfois, même, leur camarade de lycée ; légendaire, car tout semble glorieux dans ces pages, fou, joyeux, presque incroyable. Un père avocat, d’origine espagnol, qui enlève une adolescente, sa mère, sur son cheval blanc ; une gouvernante fantasque qui rassure le petit Eduardo en le serrant contre elle, à la nuit tombée ; des amis catholiques, marxistes, qui détestent Franco, se disputent, se réconcilient ; la passion du journalisme et de l’écriture, qui emporte Eduardo Manet à quinze ans ; puis le théâtre, le cinéma ; l’engagement auprès des grandes figures cubaines, de Antonio Nuñez Jimenez au Che, de Lionel Soto, dirigeant des jeunesses communistes, à Raul et Fidel Castro, bien sûr… Le romancier, dans l’esprit des grands livres sud-américains, nous livre ainsi, sans fards, tout son parcours ou presque. On discerne bien quelques secrets, ici ou là, des prénoms de femmes qui passent, des rues évanouies ; une île qui hésite entre l’ordre marxiste-léniniste, le cinéma américain, la sensualité, la musique… Puis l’homme engagé découvrira la France, sa langue, le théâtre et les metteurs en scène : et en 1968, mais c’est une autre histoire, la liberté et l’exil.

Un dimanche de révolution
by Wendy Guerra

« Sur cette île, la vie privée est comme l’hiver ou la neige, juste une illusion. »

Cleo est une poétesse et écrivaine reconnue partout dans le monde sauf sur son île, à Cuba. Là, on la soupçonne de pactiser avec l’ennemi. Ailleurs – à New York, à Mexico – les Cubains en exil se méfient aussi : elle pourrait bien être une infiltrée. Partout où elle cherche refuge, refusant de renier qui elle est – une femme cubaine, une artiste –, on la traque.

Plongée dans cette immense solitude, Cleo tente de travailler à son nouveau livre : la mort de ses parents l’a laissée exsangue, ses amours battent de l’aile. Alors quand apparaît à sa porte Gerónimo, un acteur hollywoodien qui prépare un film sur Cuba et détient des informations bouleversantes sur sa famille, sa vie bascule.

Tour à tour enquête – puis véritable quête –, vertigineuse histoire d’amour mais aussi chronique d’une vie dans une Cuba où le régime à bout de souffle s’immisce dans le quotidien jusqu’à l’absurde, Un Dimanche de révolution dresse un portrait sensuel, aimant et corrosif d’une génération toujours écrasée par les soubresauts de cette révolution qui n’en finit pas d’agoniser.

Wendy Guerra naît à La Havane en 1970. Poète, romancière, cinéaste, cette jeune femme formée aux ateliers d’écriture de Gabriel García Márquez incarne un renouveau de la littérature cubaine et a été de nombreuses fois primée. En France, elle a publié quatre romans Tout le monde s’en va (Stock, 2008), Mère Cuba (Stock, 2009), Poser nue à La Havane (Stock, 2010) et Negra (Stock, 2014), tous largement salués par la critique et le public.


Réformisme et esclavage à Cuba
by Karim Ghorbal

Penser les idées qui condamnent la traite négrière en termes de pure philanthropie restreint considérablement l’analyse que l’on peut tirer de l’avènement de celles-ci. Mésestimer l’influence d’un réseau de facteurs politiques (qu’ils soient nationaux ou internationaux), économiques, sociaux, moraux, pour comprendre le progressisme apparent et les non-dits sur lequel il repose, mais aussi les freins et replis auquel il a dû faire face, consisterait à oblitérer, naïvement et dangereusement, des pans d’analyse indispensables à la pleine compréhension de ces mouvements, de leur essor à leur impossibilité. Un confinement auquel se soustrait la présente thèse de Karim Ghorbal, portant sur le réformisme défendu par certains acteurs créoles cubains au cours de la décennie 1835-1845. Replaçant les principaux protagonistes dans un contexte mondial marqué par l’essor de la Révolution Industrielle et les dernières palpitations de l’empire colonial espagnol, dans une société stratifiée où la part des esclaves est écrasante et où les révoltes grondent, ne les dégageant jamais des intérêts qui étaient les leurs, le chercheur élabore une réflexion nuancée et iconoclaste sur les soubresauts qui ont marqué la vie cubaine de la moitié du XIXe siècle. Mettant en exergue les ambiguïtés et les paradoxes de l’élite réformiste de Cuba, tout en soulignant ses conflits avec d’autres classes, terrorisées à l’idée de perdre leur suprématie, la thèse, époustouflante de précision et d’acuité, de Karim Ghorbal explore les lignes de faille d’une société esclavagiste qui arrivait à bout de souffle, divisée entre inertie et progressisme. Relevant d’une critique acérée et intransigeante, hostile à toute glorification ou hagiographie, mais soucieuse de déceler les tensions et remous qui se sont propagés à la Perle des Antilles, elle impressionne par sa rigueur impeccable.

Guide du Routard Cuba 2018
by Collectif

Cet ebook est une version numérique du guide papier sans interactivité additionnelle. Flâner dans la vieille ville de La Havane. Dormir dans un ancien palais espagnol rénové. Assister à une représentation du Ballet national de Cuba. Faire le trajet de La Havane à Matanzas à bord du train Hershey. Randonner dans la vallée de Viñales. Se baigner dans la baie de Bariay. S’enivrer de salsa à Trinidad. Rendre visite au Che, à Santa-Clara. Flâner dans les vieilles ruelles de Camagüey. Randonner dans la sierra Maestra… Le Routard Cuba c’est aussi une première partie haute en couleur avec des cartes et des photos, pour découvrir plus facilement le pays et repérer nos coups de coeur ; des adresses souvent introuvables ailleurs ; des visites culturelles originales en dehors des sentiers battus ; des infos remises à jour chaque année ; des cartes et plans détaillés. Merci à tous les Routards qui partagent nos convictions : Liberté et indépendance d’esprit ; découverte et partage ; sincérité, tolérance et respect des autres.

Les larmes de Cuba
by Catherine Berthomé

Ceux qui stigmatisent les émigrés oublient que les Français aussi ont souvent été des émigrés. Ce roman est l’histoire des émigrés basco-béarnais au XIXème siècle à Cuba et de leurs esclaves. Souffrances de l’exil, souffrance des esclaves, amours tumultueuses d’un émigré et d’une esclave, Les Larmes de Cuba vous font revivre les prémices des guerres d’indépendance et de l’abolition de l’esclavage.