Dans La Foret Il Y

L’homme et la forêt en Inde du sud
by Institut français de Pondichéry

En Inde comme dans une grande partie de la zone intertropicale, les forêts continuent à régresser sous l’effet combiné de l’inflation démographique, de politiques de développement ravageuses et de la mondialisation des marchés. Le présent volume est consacré au cas de la forêt qui couvre les Ghâts occidentaux, chaîne bordière du plateau du Deccan. Il est issu d’un programme de recherche lancé en 1991 par l’Institut français de Pondichéry en association avec le Programme Interdisciplinaire de recherche sur l’environnement (PIREN) du CNRS. Il réunit des disciplines très diverses : histoire écologique, écologie forestière, agronomie, ethnobotanique, économie de l’environnement, anthropologie sociale et culturelle des populations forestières. La forêt est abordée sous deux aspects majeurs. En tant que ressource, comme réservoir de biomasse utilisé à des fins de subsistance ou de profit par des groupes sociaux et des intérêts économiques qui ont chacun leur logique d’exploitation et de gestion. Et en tant que représentation issue de l’imagination symbolique des populations concernées, et à ce titre porteuse de valeurs qui influencent à la fois les stratégies locales de gestion et d’exploitation du milieu forestier, et les relations qui se nouent entre les hommes dans le cadre de ces activités. Quatre études concernent les pratiques extractives et productives d’hier et surtout d’aujourd’hui : l’agriculture sur défriche-brûlis des populations forestières et son encadrement par l’Etat, les prélèvements de biomasse forestière des collectivités d’agriculteurs éleveurs, et la consommation qu’en font les industries de la filière bois et les petits métiers du bois. Les trois autres études explorent l’imaginaire de la forêt à travers les cultes forestiers locale (et en particulier les bois sacrés) et les traditions orales qui leur sont associées. Elles débouchent sur l’examen du postulat courant des mouvements écologistes selon lequel il existe une " sagesse " écologique populaire (ici une sagesse hindoue) par laquelle la forêt serait mieux protégée, si on en laissait la gestion aux communautés locales.

Histoires d’enfants exposés
by Jeannine Koubi

Cette anthologie de mythes et de contes sur le thème de l’enfant exposé convie à un périple dans l’univers des Toradja de Sulawesi, une population de tradition orale. En restituant des histoires que ses amis racontent à la veillée, Jeannine Koubi nous offre un florilège original et une ethnographie rigoureuse. Le lecteur est mis dans la situation des auditeurs toradja et peut partager leurs émotions. Au fil des récits, il découvrira que l’enfant exposé est bel et bien en danger de mort, et il est cru mort : en témoignent la souffrance de la mère, certains rites de deuil, l’incrédulité des parents à l’annonce qu’il est en vie. À quel moment a lieu cette exposition ? Quelles sont les raisons invoquées ? Un descendant, considéré comme “un bienfait”, peut-il être l’instigateur d’un drame ? Quelles représentations sont associées à la forêt dense, destination principale des enfants voués à la mort ? Comment interpréter cette exposition enfantine ? L’épilogue de ces récits d’anciens répond en partie à ces questions et pose les jalons d’une étude comparative.

Les Sandales de Rama
by Tristan Koëgel

Upendra, un jeune népalais, rêve de devenir guide de haute montagne comme son père. Mais pour l’instant, il vend des barbes à papa dans les rues de Katmandou avec son meilleur ami et son singe malicieux. Lors d’une course au souk, Upendra tombe amoureux de Satiya, une ancienne Kumari, considérée comme une déesse vivante de sa naissance à sa puberté. Envers et contre tout, le jeune garçon va approcher Satiya sans se douter que sa vie s’en trouvera bouleversée à tout jamais.


Et maintenant ma vie dans la forêt
by Pascale Pouvreau

“Lorsque nous étions ensemble dans la forêt, certains soirs, nous écoutions la radio, de la musique et là, nous improvisions des danses, des chants et c’était la fête. Un feu de camp, quelques verres de vin rouge et très très vite, j’étais ivre de joie, la bonne humeur régnait. Le bruit que l’on faisait ne dérangeait personne. Les premières maisons étaient suffisamment loin. Quelques personnes passaient avec leur chien, mais nous continuions à danser, à frapper dans nos mains. Puis Lucien et moi parlions “en voyageur” et chaque jour je faisais des progrès.” C’est à la fois le récit d’une relation amoureuse et celui d’une parenthèse forestière que relate Pascale Pouvreau dans ce court récit qui évoque un mode de vie que d’aucuns jugeront marginal… Que d’autres trouveront anticonformiste en raison du retour à la nature qu’il porte en lui, de sa manière de se moquer du qu’en-dira-t-on. Quoi qu’il en soit du jugement des uns et des autres, voici un témoignage qui ne manque pas de toucher et d’impressionner par sa dignité et ses tonalités douces-amères… parfois tendrement nostalgiques.